Un vignoble sans vigneron.ne

Le vignoble échappe aux vigneron·nes. Objet de spéculation, placement malin ou accessoire de mode comme en Provence, la vigne attire l’argent. Au-delà des effets délétères immédiats, cet accaparement conduit à une rapide mutation des métiers du vin : la figure de la vigneron·ne indépendant·e disparaît, et avec elle toute la diversité qu’elle incarne. Extraits.

Coulisses – 19/08/2026 – J.R. – Article initialement publié en décembre 2023

Préparez-vous au vin de demain!

 

 

« Avant on était cinq ou six domaines dans la vallée de l’Esclans. Des bons et des moins bons, mais peu importe, il y avait de la vie. Maintenant on a des robots dans les vignes… Nous, on fait vivre deux familles, bientôt trois, sur 18 hectares. Et ils nous ont pondu un Castorama, sans que personne ne dise rien. Et encore, je ne vous parle pas du type de viticulture pratiquée… Plus ils achètent, plus les autres deviennent pauvres intellectuellement. » Fabrice Raymond, vigneron naturel (Terres d’Esclans) et adhérent de la Confédération paysanne.

(…) 

. « « L’évolution vers une agriculture de firme s’applique au secteur viticole avec une force encore plus importante que dans les autres filières. (…) Dans le secteur viticole, cette déconnexion entre détention du capital foncier, du capital d’exploitation et l’exercice du métier, est à l’œuvre depuis pas mal d’années. Ça signifie que l’on voit des détenteurs de capitaux qui investissent, sans pour autant monter sur le tracteur. Ça peut relever d’un capitalisme familial, mais c’est plus souvent LVMH ou Axa que ‘à la papa’. » François Purseigle, sociologue.

 (…)

« Il y a 6000 producteurs avec chacun une force de frappe limitée et qui ne gagnent même pas le SMIC, tout en travaillant énormément. Il vaut mieux qu’ils soient salariés d’un groupe. (…)  Le seul effet pervers serait, envisage-t-il, « un monopole, à force de concentration, mais on en est encore loin. Au lieu d’avoir 5000 étiquettes de Bordeaux différents, ce qui est beaucoup trop, on va en avoir 200, d’ici 2035, plutôt. Et ce sera très bien.» Jean-Michel Cardebat, économiste du vin.

(…) 

« C’est un modèle qui se construit sans paysan. A ce rythme-là, dans une génération, il n’y aura plus personne pour le voir. » Un vigneron provençal anonyme. 

Envie de lire l’article complet ? Vous pouvez encore commander le Vinofutur 3 ↓
Vinofutur 3 : Qui seront les vigneron·nes du futur ?

Vous voulez déconstruire d'autres idées reçues sur le vin de demain ?

Inscrivez-vous pour lire gratuitement la suite de cet article, et recevez des nouvelles du projet Vinofutur.

 

Le nouveau numéro de Vinofutur arrive

Abonnez-vous
à la nouvelle saison

→ Recevez chez vous le prochain numéro “Le vin en mouvement”, en octobre 2026.

→ Profitez du tarif de lancement : 35€/an jusqu’au 30 septembre (puis 45€)

→ Accédez à toute la saison Vinofutur : la veille mensuelle + 4 Wineletters (lettre trimestrielle en papier) [août / novembre / février / mai] + l’accès aux articles web pendant 12 mois.