#1 La vigne, c’est une plante qui résiste à la sécheresse, non ?

Oui.
Et non. 

Décryptages– Article mis à jour le 07/07/26

OUI la vigne est une plante qui résiste bien à la sécheresse

La vigne est certes une plante qui prospère dans le climat méditerranéen sec. Elle supporte assez bien un « déficit hydrique ». C’est de toute façon une plante très résistante, et qui possède des capacités d’adaptation phénoménales, lui permettant de se développer presque partout dans le monde, dans des climats et paysages complètement différents.

Certaines études montrent même que, au moins pour certains cépages, un peu de déficit hydrique est nécessaire pour produire un vin « fin ».

 

MAIS l’adaptation au changement climatique, c’est plus compliqué que ça

 

Sa capacité d’adaptation dépend du cépage (la variété de raisin) et du porte-greffe, des modes de conduite (comment la vigne est taillée notamment), du mode de culture (intensive ou pas, en bio ou pas, etc.), du type de sols, etc.

 

Il y a des limites : quand la température monte, les plantes transpirent plus (comme nous) et leur besoin en eau augmente. Même la vigne. C’est « l’évapo-transpiration ».
Or les projections climatiques indiquent une augmentation des températures (accentuée dans le Sud) et plutôt une diminution des quantités de pluie (dans le Sud encore). En résumé : les besoins en eau de la vigne augmentent, et la ressource diminue. Quand elle n’a pas assez à boire, les vignerons parlent de « stress hydrique ».

Même si la vigne survit, la sécheresse et le « stress hydrique » ont un impact direct sur la quantité et la qualité des vins produits, et in fine, le modèle économique des domaines viticoles. Dans le pire scenario, il peut devenir impossible de trouver une quelconque rentabilité dans un vignoble durablement impacté par la sécheresse.

✊ LA BONNE NOUVELLE (quand même)

Ca ne se fera pas du jour au lendemain, mais les vignerons peuvent changer certains aspects de leur vignoble pour le rendre plus résistant à la sécheresse : changer de cépages, couvrir les sols (paillage naturel), planter des arbres pour faire de l’ombre. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font tous.

Autre option : l’irrigation. Autrefois tabou, l’irrigation de la vigne se développe rapidement en France. De 2010 à 2020, on est déjà passé de 3 à 8,9% de vignoble irrigué. En Languedoc, 25% du vignoble est aujourd’hui irrigué.

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