Simon Ricard est président de l’association Pour Une Hydrologie Régénérative. Photo Vinofutur
Simon Ricard : » Dans les vignobles, il faut redonner de la surface à l’eau et aux arbres «
Simon Ricard accompagne des vignerons dans leur quête d’équilibre, entre sécheresses et inondations, en promouvant l’hydrologie régénérative. L’objectif : restaurer des cycles de l’eau fonctionnels. Très pragmatique, la démarche englobe des techniques mais aussi une autre façon d’aborder l’aménagement de l’espace.
Réinventer la vigne / Episode 17 – Avril 2026 – Propos recueillis par Julie Reux
En bref
- Le changement climatique et la simplification des paysages conduit à des situations critiques dans le vignoble, inondations ou sécheresse.
- L’hydrologie régénérative vise à redonner de la robustesse à un territoire / une parcelle, en travaillant à l’échelle d’un bassin versant sur les cycles de l’eau.
- C’est aussi une méthode, autour de cinq piliers : Ralentir, Infiltration, Stockage, Evaprotranspiration, Diversification.
- Une parcelle peut être redesignée pour récréer un cycle de l’eau vertueux, via des petites structures ralentissant l’eau, les couverts végétaux et la plantation d’arbres, pour agir à court, moyen et long terme.
- Le sujet ne concerne pas que les vignobles méditerranéens, dans le contexte climatique actuel.
En ce début printemps 2026, dans l’Aude, après quatre années sans pluie, on a vu des vignerons tailler leur vigne en kayak, tellement il y a d’eau… Il se passe quoi avec la pluie ?
Simon Ricard. « Ce qu’on subit là c’est l’exacerbation des phénomènes climatiques déjà en place. Et ça va continuer. La question n’est pas « plus ou moins d’eau » dans l’avenir, mais une nouvelle répartition des phénomènes pluviométriques dans le temps. Les sécheresses deviendront plus longues et plus fortes. Je me réfère aux experts, comme Ilian Moundib, expert en stratégie d’adaptation et de résilience au changement climatique, qui explique qu’on a déjà, et qu’on va avoir de plus en plus, trois saisons supplémentaires : le trop sec, le trop chaud, sachant qu’une journée à 44 ou 45 °c suffit à faire mourir une plante productive, et la 3e c’est le trop d’eau. Avec des semaines voire des mois de cumul de précipitations concentrées dans le temps, et dans l’espace. »
Le dérèglement climatique est-il le seul phénomène à l’œuvre ?
Simon Ricard est ingénieur de formation (Mines, bâtiment). Reconverti à la permaculture en 2014, il se forme aux techniques de l’agriculture et l’hydrologie régénérative en Australie et au Mexique, dans des fermes expérimentales à la pointe sur le sujet. En 2019, il rejoint PermaLab, un bureau d’études et de formation spécialisé dans l’hydrologie régénérative, basé dans la Drôme.
En 2022, il crée avec Charlène Descollonges et Samuel Bonvoisin l’association Pour une Hydrologie Régénérative (PUHR), dans le but de promouvoir l’hydrologie régénérative. En mars 2025, Charlène Descollonges (avec l’association) publie le manifeste « Eaux Vives » (Actes Sud), postfacé par Baptiste Morizot.
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