Sébastien David et l'avenir du vin bio

Sébastien David est vigneron dans la Loire, et président de France Vin Bio.

Sébastien David : “La viticulture bio a été utilisée comme un sopalin… mais elle est toujours là.”

Comment se porte le vin bio dans le contexte de crise climatique et économique ? Pour Sébastien David, vigneron bio en Loire et co-président de France Vin Bio, la filière traverse une période difficile, mais elle tient. Entre pression sur les prix, baisse des rendements et dépendance au cuivre, la viticulture bio reste, selon lui, une vraie force qualitative et sociologique.

Réinventer la vigne / Episode 18 – Mai 2026 – Propos recueillis par Julie Reux

« Ceux qui ont l’habitude de bouger pour vendre s’en sortent »

Comment va la filière viticole bio en 2026 ?

Sébastien David. «  C’est plus difficile au niveau commercial, mais ceux qui ont l’habitude de bouger pour vendre s’en sortent. Mais dans un temps économique plus dur, les signes de qualité plus cher, comme le bio, sont plus impactés. Il y a aussi un changement sociétal, c’est sûr, il y a bien une déconsommation. Mais chez ceux qui boivent du vin aussi, il y a un changement plus général.

Moi, par exemple, je fais des keggs [fûts en plastique, ndlr] qui répondent à une certaine demande. Mais je vois aussi que les restaurants à Londres attendent un magnum pour leur service au verre. Les clients attendent un service personnalisé, selon leurs besoins.

Autre sujet qui me préoccupe : on veut tout faire passer sous prétexte que c’est plus dur économiquement, et c’est toujours au producteur de faire baisser ses tarifs. Pour Sud Vin bio par exemple, on rencontre les importateurs du nord de l’Europe, qui nous demandent des bouteilles légères. Mais leurs appels d’offre mélangent bio, HVE et conventionnel, et on devrait accepter sans rien dire.

Enfin, on sait qu’à l’avenir, on va avoir des vrais problèmes climatologiques, et des productions en dents de scie. Et donc des tarifs hauts. Et les gens ne sont pas prêts à réaugmenter leurs coûts de nourriture, dont le vin fait partie. Alors que si Netflix augmente de 2€, personne ne dit rien. »

 

Tu es pessimiste, on dirait…

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Sébastien David est vigneron à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, en Touraine (Loire). Il cultive 15 hectares en bio et biodynamie, principalement en cabernet franc. Il est aussi un des co-fondateurs du syndicat Vin Méthode Nature. Depuis décembre 2024, il préside France Vin Bio, structure qui intègre les filières vin bio de Loire, Champagne, Occitanie Nouvelle Aquitaine et Sud-Est.

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Sébastien David est vigneron à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, en Touraine (Loire). Il cultive 15 hectares en bio et biodynamie, principalement en cabernet franc. Il est aussi un des co-fondateurs du syndicat Vin Méthode Nature. Depuis décembre 2024, il préside France Vin Bio, structure qui intègre les filières vin bio de Loire, Champagne, Occitanie Nouvelle Aquitaine et Sud-Est.

En bref

→ Malgré un contexte économique et climatique tendu, la filière viticole bio résiste : les ventes progressent encore, la demande existe toujours, mais les producteurs subissent une forte pression sur les prix et les rendements.

→ Pour Sébastien David, la viticulture bio reste associée à la qualité et à des vins plus singuliers, même si les consommateurs acceptent difficilement de payer plus cher qu’en conventionnel.

→ Entre dépendance persistante au cuivre, coûts de production en hausse et nécessité de diversifier les revenus, l’avenir du vin bio passera avant tout par une meilleure rémunération des producteurs.