Pomerol, domaine Lafleur

Retour à Pomerol : Irriguer à Bordeaux, estce bien raisonnable? (3/4)

Troisième volet de notre enquête sur les coulisses de « l’affaire Lafleur ». Après les coulisses du choix radical qui a mis le Mondovino en émoi (ép. 1), et exploré l’impact (très mesuré) de ce geste à Pomerol (ép. 2), on pose la question mise sur la table par Baptiste Guinaudeau : demain, le vignoble bordelais sera-t-il irrigué ? 

🔓 Enquête / Volet 3/4- Février 2026 – Julie Reux – ⏱ 10 minutes de lecture

De 2010 à 2020, les surfaces de vignes irriguées en France ont été multipliées par trois, passant de 3 à presque 9%. C’est la seule filière agricole dont les surfaces irriguées augmentent. Et le chiffre a, selon toute vraisemblance, continué à augmenter depuis, atteignant selon des observateurs 25% dans certains vignobles de la vallée du Rhône et méditerranéens. Mais impossible d’évaluer précisément le phénomène, faute d’observatoire coordonné. Pour des chiffres précis, il faudra attendre le prochain recensement agricole, en 2030, nous a-t-on répondu. 

A Bordeaux, l’irrigation est encore loin de former une vague, mais le sujet fait déjà quelques ronds dans l’eau. L’onde a démarré dans plusieurs appellations, par le biais des fameuses dérogations introduites dans les cahiers des charges : Pessac-Léognan dès 2016, Lalande-Pomerol (en 2019), Pomerol et Saint-Emilion en 2021, Entre-Deux-Mers depuis 2022… Mais, comme le rapportait Vitisphère en janvier 2026, l’appellation Bordeaux, elle, n’a pas franchi le pas et semble avoir mis le sujet tout en bas de la grosse pile des « dossiers urgents ». 

La suite de cet article n'est accessible qu'aux abonnés payants.

Backstage

Cette enquête a démarré à l’automne 2025, par une longue rencontre avec Baptiste Guinodeau, directement au domaine. Le vigneron, ravi de parler du sujet de l’irrigation, a pris le temps d’expliquer en détail sa démarche dans un discours très construit. Plusieurs personnes ont été contactées, et toutes ont répondu sans difficultés. Sauf Kees Van Leuween, qui a décliné l’entretien, en renvoyant vers son article dans l’Union Girondine.
L’enquête a convoyé beaucoup de rumeurs, de suppositions, d’insinuations. Dans ce petit monde aux grands enjeux, le discours s’arrête souvent au « politiquement correct » des gens qui préfèrent laver leur linge sale en famille… mais qui n’hésitent pas, si l’occasion leur est donné, de régler quelques comptes par journaliste interposé.
Ce que l’on retiendra : le vignoble bordelais manque de toute évidence de compétence et d’expérience sur le sujet de l’irrigation, complètement nouveau. Ce qui laisse un angle mort assez confortable à ceux qui ont encore la capacité de se projeter dans l’avenir, coûte que coûte.

Et si pouviez avoir TOUT Vinofutur ?

✓ Accédez à tous les articles Vinofutur.

✓ Recevez les revues papier chez vous.

✓ Engagez-vous pour les futurs du vin en soutenant notre média indépendant.

+ Des surprises

35€ / an